Luxembourg, le 31/07/2010

«L’esclavage existe»

January 25, 2007

Mercredi, 04 juin à 20h30

En présence de Claudio Del Punta et d’Anne Lescot, réalisatrice et spécialiste du Haïti

Haïti Chérie
Haïti 2007 | vo créole/espagnol stf | 99’ | c | De : Claudio Del Punta | Avec : Magdaleine Yeraini Cuevas, Jean-Baptiste Valentin Valdez et des acteurs non professionnels travaillant dans des plantations de canne | Festival de Locarno 2007 (Prix de la Jeunesse), Festival de Mons 2008 (Prix du meilleur scénario)

Jean-Baptiste et Magdaleine sont mariés. Ils vivent sur une plantation de canne à sucre. Magdaleine ne supporte plus la vie dans la Batey (nom créole pour les plantations) et veut retourner en Haïti. Même si Jean-Baptiste espère pour eux deux une vie meilleure en République Dominicaine, la mort de leur enfant de sous-alimentation confirme sa décision. Le retour du couple en Haïti sera une rencontre tragique avec un monde dévasté par la pauvreté et la violence, où le fatalisme passif des habitants donne l’impression que le temps s’y est arrêté…

« Ce qui m’a toujours frappé dans l’horrible tragédie des haïtiens en République dominicaine est que cette situation d’exploitation méthodique et consciente a été mise en oeuvre par un Etat à la constitution reconnue et légitimée par les pays européens et le monde occidental. Un monde où l’on pense que les règles de cohabitation civile et de l’état de droit sont respectées. Et en fait il n’en est rien car ce traitement esclavagiste d’un peuple par un peuple voisin rappelle des situations qui devraient appartenir au passé, à la fin du 18e siècle plus exactement. Mais le fait que cette situation perdure, inchangée, est encore pire puisqu’on la voit aujourd’hui avec les yeux de la conscience moderne. Un autre aspect dramatique de cette situation est qu’elle n’est pas relayée par les médias occidentaux : dans cette tragédie, il n’y a pas de Bush qui exerce une pression pour la résoudre, pas de pétrole justifiant le meurtre ou d’autres intérêts financiers. » (Claudio Del Punta)